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L'album hommage s'intitulera « Balavoine (s) » dès le 8 janvier 2016 dans vos bacs 27/11/2015

L'album hommage s'intitulera « Balavoine (s) » dès le 8 janvier 2016 dans vos bacs
The tribute album will be entitled " Balavoine (s) " from January 8, 2016 in your bins
 
Le 8 janvier prochain, un album hommage intitulé "Balavoine (s)" sortira, quelques jours avant l'anniversaire des trente ans de la mort de Daniel Balavoine. On connaît maintenant la liste des reprises et des chanteurs associés. Non Stop People vous en dit plus.

Le 14 janvier prochain, cela fera exactement trente ans que Daniel Balavoine est décédé. Le chanteur avait trouvé la mort alors qu'il se trouvait à bord d'un hélicoptère durant le Paris-Dakar 1986. Il était alors présent en Afrique, et plus particulièrement au Mali, afin d'aider les populations locales en acheminant depuis la France des pompes à eau.
 
Plusieurs décennies ont passé et les tubes de Daniel Balavoine sont encore dans toutes les mémoires. Si bien qu'en 2013, un projet d'album hommage avait été évoqué."Nous avons eu l'idée avant la sortie et le succès de Génération Goldman", avaient expliqué à l'époque Julien Godin et Sébastien Duclos, les dirigeants des productions de spectacles et de disques Play On. S'ils avaient aussi assuré avoir l'autorisation des enfants du chanteur,Jérémie Balavoine avait rapidement apporté un démenti : "Je tiens, conformément au droit de réponse que me confère la loi, à démentir catégoriquement ces informations malheureusement d'ores et déjà reprises dans d'autres médias. J'ai choisi de conserver à ma vie personnelle et professionnelle une certaine discrétion et surtout de ne pas mêler mon nom à des activités mercantiles dénuées de toute sincérité et ambition artistique. C'est pourquoi je n'ai jamais approuvé ni cautionné ce projet (ou tout autre), ni d'ailleurs promis à PLAY ON de divulguer des titres inédits, encore moins d'y participer."
 
LE TITRE DE ZAZ DISPONIBLE LE 7 DÉCEMBRE
Mais Daniel Balavoine aura bien son album hommage. Intitulé "Balavoine (s)", il sortira le 8 janvier 2016, soit six jours avant l'anniversaire des trente ans de sa disparition et un premier extrait sera dévoilé le 7 décembre prochain selon Le Parisien. Il s'agira de l'interprétation de Zaz du titre "Tous les cris, les SOS". Déjà présent en 2000 pour rendre hommage au chanteur, Florent Pagny est à nouveau présent en compagnie de nombreux artistes comme Christophe et d'une majorité ayant grandi avec les titres de Daniel Balavoine : Zaho, Marina Kaye, Shy'm, Nolwenn Leroy, Ours, Jenifer, Emmanuel Moire, Cats on trees, Josef Salvat, Raphaël, Bessa ou Damien Loretta.. .

La liste des chansons et leurs interprètes :
Zaz : Tous les cris les SOS
Zaho : Sauver l'amour
Marina Kaye : Only The Very Best
Florent Pagny : La vie ne m'apprend rien
Shy'm : Vivre ou survivre
Nolwenn Leroy : Un enfant assis attend dans la pluie
Ours : Si je suis fou
Jenifer : Mon fils, ma bataille
Emmanuel Moire : Le Chanteur
Cats On trees : Aimer est plus fort que d'être aimé
Josef Salvat : Dieu que c'est beau
Raphaël : Soulève-moi
Bessa : Partir avant les miens
Christophe : Lucie
Damien Loretta (Violetta) : Quand on arrive en ville

Tags : Daniel Balavoine - hommage - album hommage - shy'm - ZAZ - homage - tribute album - Jérémie Balavoine - Julien Godin - Sébastien Duclos - Zaz - Florent Pagny - Zaho - Marina Kaye - Shy'm - Nolwenn Leroy - Ours - Jenifer - Emmanuel Moire - Cats on trees - Josef Salvat - Raphaël - Bessa - Quand on arrive en ville - Tous les cris - les SOS - Only The Very Best

Un disque et un doc sur Daniel Balavoine pour Janvier 2016 07/10/2015

Un disque et un doc sur Daniel Balavoine pour Janvier 2016
 
A disc and a doc about Daniel Balavoine for January 2016
 
Nous l'avons à mainte reprise évoquée sur le blog les événements à venir lier au chanteur à l'occasion de l'anniversaire de sa disparition pour célébrer sous forme d'hommage les 30 ans d'absence.
 
Dans le journal (Le Parisien - Voir Photo) du Mardi 6 octobre 2015 - N° 22107. Daniel Balavoine y et évoquer à la page 30 de celle-ci sous le titre « Un disque et un doc sur Daniel Balavoine ». Pour ceux et celle qui n'ont pas pu se procurer se journal quotidien, en voici sa teneur :

-  Daniel Balavoine est décédé le 14 janvier 1986, à l'âge de 34 ans. Un album hommage, un documentaire et une biographie seront dévoilés à l'occasion du trentième anniversaire de sa disparition en janvier prochain. L'enregistrement du disque débute avec entre autres Calogero, Florent Pagny, Benjamin Biolay, Christophe, Raphaël, Nolwenn Leroy, Marina Kaye... 1 ¤ sur la vente de chaque disque sera versé à l'association Daniel Balavoine, qui ½uvre au développement au Mali. De son côté, le journaliste Didier Varrod, proche du chanteur, prépare un documentaire pour France 3 et une nouvelle biographie pour les Editions Fayard. Joana Balavoine, la fille du chanteur, interviendra et chantera dans le film, ce qui est rare.

Tags : Disque - Doc - Documentaire - Daniel Balavoine - Album Hommage - Biographie - Trentième - Anniversaire - Calogero - Florent Pagny - Benjamin Biolay - Christophe - Raphaël - Nolwenn Leroy - Marina Kaye - Association - Didier Varrod - Joana Balavoine - Rare - Disc - Documentary - Tribute Album - Biography - Thirtieth - Birthday - Christopher Raphael

Michel Berger, Le dernier souffle : « «Je n'avais jamais rien fait toute seule. J'ai toujours eu besoin de l'intelligence des autres » (Partie 3/4) 25/07/2014

Ambiance des préparatifs. Contactée, Vanessa Paradis accepte instantanément. Dans le métier, on affirme que Michel songeait à lui écrire un album. En interprétant La Minute de silence avec tant de grâce, elle offre aux télé- spectateurs une minute d'éternité. Patrick Bruel tremble à l'idée de chanter Seras-tu là. En pleine nuit, il téléphone à France pour lui soumettre de nouveaux arrangements ! Cabrel, pourtant en tournée aux Antilles, répond présent à l'invitation. Quelques mots d'amour prennent avec lui le tempo d'une biguine. Alain Chamfort rentre précipitamment de Belgique. Il souffre d'un mal de gorge, et France le soigne avec du thé au miel. Entouré des musiciens de Michel, Marc Lavoine répète Le Paradis blanc et s'inquiète de ne pas trouver le bon phrasé...

L'émission, à la fois sobre et gaie, est diffusée le 25 janvier, sur Antenne 2, six mois après la mort de Berger. Personne ne s'étonne du sourire de France. Tant chacun sait ce qu'il sous-tend d'énergie et de rage de vivre.
Pour le magazine Elle, en février, France Gall accepte de rompre son silence. « Continuer, je pense que je n'avais pas le choix. Ne rien faire, m'arrêter, ça m'aurait donné des regrets. Ça m'oblige à être occupée. Mais tout ça, ce sont de mauvaises raisons. L'unique raison, c'est que j'ai envie de le faire, c'est tout. Moi qui ai peur de tout, la seule chose qui ne me fasse pas peur, c'est d'aller chanter devant les gens. C'est un rendez-vous d'amour, ce n'est que de l'amour à prendre et à donner. (...)»
 
Elle évoque également sa décision de remonter sur scène. « Je suis pratiquement sûre que j'ai décidé de faire Bercy très vite après la mort de Michel, et même si je ne l'ai formulée que trois mois plus tard, l'idée m'est venue très vite. Ne pas enterrer cet album, ne pas enterrer ces chansons. Les faire vivre. »
Bercy : un paradoxe ! Car pour témoigner de Michel, rien n'est trop beau, rien n'est trop vaste. Aucun défi n'est plus exaltant que de tenter de remplir la salle la plus grande de l'Hexagone. Cela, France veut se le prouver à elle-même. Elle désire réunir dans l'amour le plus de gens possible.
Elle se lance à c½ur perdu dans la bataille. Choisit ses six musiciens, conçoit, pour la première fois seule, les décors, et sélectionne les orchestrations. «Je n'avais jamais rien fait toute seule. J'ai toujours eu besoin de l'intelligence des autres. Je m'étais toujours laissé porter. Surtout pour les spectacles. Je n'ai jamais eu besoin de l'ouvrir, puisque j'avais quelqu'un qui me ressemblait tellement qu'il disait les choses avant moi. Quelqu'un qui avait une énergie extraordinaire, qui s'occupait de tout... Là, qui pourrait être mon regard ? On était deux, et plus que deux même, parce que moi, je comptais pour une, et lui pour neuf ! (...) Je n'avais jamais eu une idée, même dans le choix des musiciens, même dans la liste des chansons qu'on fait sur scène. Je n'avais jamais eu besoin de le faire moi-même. (...) C'est lent, c'est beaucoup plus lent qu'avant, je prends mon temps, mais je suis contente de mes choix. Je suis entourée de grands professionnels, et ça avance. J'arrive à avoir une idée de ce spectacle. Je sais dans quel esprit je vais le faire, comment je vais entrer en scène, comment je vais en sortir, ce que je vais mettre dedans. Ma force, c'est peut-être tout ce que j'ai emmagasiné en silence, mais sans souffrance. Un silence voulu, contente d'être en silence. En fait, je me rends compte que je n'ai pas arrêté d'apprendre. » Pourtant, alors que tout se prépare, alors que toute une semaine a été retenue, du 1er au 6 juin, France Gall doit renoncer à Bercy. Ordre médical : elle souffre d'un cancer du sein.
 
L'information bouleverse à nouveau le pays. Ce sort qui s'acharne est monstrueux d'injustice.
France ignore encore l'étendue du mal. « Quand on vous dit cancer, on pense tout de suite qu'on va mourir. Et là, je me suis effondrée. C'était insupportable à cause de mes enfants. Je n'ai pas hurlé parce que j'étais entourée de médecins. Mais pour la première fois, j'ai parlé à Michel. Je lui disais : "Pourquoi m'as-tu abandonnée ?" » La presse s'emballe ! Un florilège de couvertures alarmistes inquiètent le public. Heureusement, la providence veille. Après un traitement assumé avec beaucoup de courage, France guérit de son cancer. Définitivement. Elle a eu très peur, mais « le petit caporal » a su vaincre. Et peut annoncer fièrement les sept nouvelles dates de son spectacle de Bercy : les 10, 11, 12, 22, 23, 24 et 25 septembre 1993.
« Au moment où j'ai dû annoncer que j'étais atteinte d'un cancer, la plupart des articles ont été négatifs, dramatisant, ignorant les informations encourageantes. Comme si ceux qui font les journaux, pensant que leurs lecteurs ont besoin de savoir que les gens souffrent, en rajoutent à plaisir, enlaidissent, bafouent, trichent, salissent. Peut-être certains lecteurs ont-ils ce besoin, puisque ces magazines se vendent bien ? Moi, je suis quelqu'un de positif. D'un malheur, d'une souffrance, d'un problème, je tire instinctivement une force nouvelle. »
A côté de cette presse qui colporte les rumeurs, France se souvient de l'abondant courrier d'encouragement reçu dans l'épreuve. Des lettres de femmes, souvent, et différentes de sa correspondance habituelle. Les lettres qui lui arrivent par centaines, dans son appartement parisien du VIIIe arrondissement, sont écrites, cette fois, par des femmes de sa génération. Et non plus seulement par des jeunes de moins de vingt-cinq ans. Sous les grandes baies qui s'ouvrent généreusement vers le ciel, au milieu des toiles aux couleurs vives, elle prend le temps de tout lire. L'émotion est là.
 
« Il y avait une grande tendresse dans ces lettres. (...) J'ai perçu une reconnaissance de moi, femme, en tant que telle. Or, je n'avais jamais vraiment pensé à moi en ces termes : à mes yeux, j'étais la mère de famille, l'épouse, la chanteuse. Cela va vous faire sourire : je me suis sentie une Française, parmi les Françaises. Une femme parmi les femmes. Je me suis aussi rendu compte à travers ce courrier à quel point les femmes pouvaient s'entraider. A quel point les femmes aimaient les autres femmes. Ça m'a beaucoup touchée  »
C'est une nouvelle France qui met le siège sur Bercy. Transformée, elle ne s'est jamais sentie davantage elle-même. Plus aucun garde-fou ne contrarie son désir d'assumer seule son destin. Bercy sera à sa seule image.
Pauline et Raphaël sont pour beaucoup dans la réussite du pari fou de Bercy. A leur tour, ils ont su soutenir leur mère. « Ils n'avaient pas un papa comme tout le monde, et le mur de caméras et d'appareils photo, au cimetière, les a fait basculer du jour au lendemain dans un univers public. On n'y peut rien, même si on ne le désire pas. Et maintenant, c'est trop tard. Au début, ils ne voulaient pas que je fasse ce spectacle, car ils avaient peur pour moi. Ils pensaient que je n'y arriverais pas toute seule. J'ai voulu les sécuriser, en les emmenant aux répétitions avec les musiciens, en leur faisant partager beaucoup plus de moments professionnels et en les impliquant davantage. Ils ont d'ailleurs une vision très juste de ce qu'il faut faire ou pas. J'ai gagné leur confiance, je crois. De toute façon, je n'aurais pas pu faire tout ça sans eux»

Pour Pauline et Raphaël, la mort de Michel a fait de France une mère plus que maman, devant assumer une multitude de responsabilités supplémentaires. « Parfois, le soir quand je rentre chez moi, je m'aperçois que je suis seule dans la rue, que c'est moi dont les enfants guettent le bruit des clés qu'on pose sur la table d'entrée. Je suis devenue le chef de famille. Je vis une vie d'homme. C'est ainsi, je n'ai pas le choix. »
France n'a pas voulu, loin de là, que Bercy ressemble à une veillée funèbre. « Si certains viendront voir la veuve de Michel Berger, j'espère qu'ils sortiront en ayant vu France Gall . » Pour que le spectacle soit réussi, elle a demandé à ses musiciens de se donner au maximum. « Avant de travailler avec l'équipe qui est avec moi sur et autour de la scène, et qui travaillait avec nous depuis longtemps, j'ai demandé à chacun de me donner ce qu'il n'avait jamais donné à personne auparavant. Ils l'ont fait. ».

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Michel Berger, Le dernier souffle : « Gommer progressivement la peur du lit vide et froid Affronter la penderie, remplie de ses vestes. Oser ouvrir les tiroirs de son bureau, se résoudre à trier tes papiers. Un jour plus douloureux que les autres (Partie 4/4) 29/07/2014

Michel Berger, Le dernier souffle : « Gommer progressivement la peur du lit vide et froid Affronter la penderie, remplie de ses vestes. Oser ouvrir les tiroirs de son bureau, se résoudre à trier tes papiers. Un jour plus douloureux que les autres (Partie 4/4)
Toutes les orchestrations des chansons sont refaites dans l'esprit de l'album Double Jeu. Les musiciens qui jouent aux côtés de France sont également ceux du disque. Sur la scène de Bercy, France interprète ses propres succès, mais également ceux de Michel, Mademoiselle Chang - qui sor­tira en CD deux titres -, Quelques mots d'amour ou Chanter pour ceux qui sont loin de chez eux, et plusieurs titres de leur album commun.
Sa façon d'entrer en scène, d'abord, est pour te moins inattendue. France est habillée d'un pantalon noir, de boots et d'une veste rouge. Surprise ! Elle présente au public un cintre d'où retombe une somptueuse robe de scène, constellée de paillettes rouges.
 
Explication: « Quand on a un rendez-vous comme ça, on a envie d'être la plus belle possible. Je me suis dit : "Je vais me faire dessiner une robe par un grand couturier." Et la robe, je l'ai vue hier. Un beau tissu, je l'ai essayée. Mais je ne me sentais pas très à l'aise dedans. Alors j'ai préféré venir vous voir comme ça, dans mon costume de répétition. Mais comme j'ai payé cette robe une fortune, je vous la montre quand même ! »

Ambiance rock dans la première partie du spectacle, puis atmosphère jazzy acoustique, ponctuée par La Minute de silence. « Quand Michel interprétait cette chanson, il vous demandait de ne pas applaudir. Je vous demande de faire le silence avec cette chanson. » Le public écoute, saisi. Et n'applaudit pas.
Pour la dernière partie du show, France est entourée de vingt-six jeunes de l'association Droit de Cité, créée en 1992 autour du champion de boxe Jean-Pierre Masdoua, pour montrer que les jeunes sont capables de s'exprimer autrement que par la délinquance et le désespoir. « Ils vien­nent d'un peu toutes les banlieues, de Paris, Lyon , Marseille. Moi. je l'avoue, j'avais besoin de leur enthousiasme, de leur fraîcheur. Je ne les ai pas aidés, ils m'ont aidée.»
Grâce à eux, grâce aussi à l'incroyable ferveur d'un public venu très nombreux, France savoure ses meilleurs moments depuis deux ans. « Je me coule littéralement dans la musique de Michel, elle est à moi, elle est pour moi. On ne fait qu'un. Je suis totalement portée par la musique et les mots. J'ai ce que les chanteurs recherchent toute leur vie, et c'est le bonheur. J'ai vraiment le sentiment d'être le plus proche de ce que je suis. Je n'ai jamais été autant moi. Je suis moi. Et ça c'est extraordinaire ! »
Avant de regagner les coulisses, France interprète l'ultime chanson de son ultime album avec Michel: Jamais partir Même si tout doit toujours finir bien L'avenir n'a qu'à revenir demain Retenir un peu le plaisir dans nos mains Juste le temps de se souvenir au moins Il ne faudrait Jamais partir.

Août 1994. Deux ans se sont écoulés depuis le drame. Une voiture s'arrête devant la « Grande Baie ». France et les enfants en descendent. C'est la première fois que les pièces, les meubles ne désignent pas cruellement l'absent.
Réapprivoiser ce lien a été une bataille difficile à gagner. Volontaire, France s'est pourtant très vite imposé cette épreuve. Ici, elle a déjà séjourné quelques jours, à Noël. Cela ne s'était pas trop mal passé. La saison, différente, lui permettait de voir le paysage avec des yeux nouveaux. Décembre effaçait le souvenir d'août
Mais le premier été fut terrible. Les images des derniers instants de Michel la hantaient sans cesse. « Vingt-quatre heures sur vingt-quatre, j'y ai pensé, confiait-elle à une journaliste de Marie-Claire. Cela a été atroce, mais je voulais être avec mes enfants pendant six semaines. C'est là qu'ils voulaient aller. Eux n'ont pas vécu les choses dans cet endroit, comme moi. Cela n'est pas lié à des souvenirs précis. »
Michel Berger, Le dernier souffle : « Gommer progressivement la peur du lit vide et froid Affronter la penderie, remplie de ses vestes. Oser ouvrir les tiroirs de son bureau, se résoudre à trier tes papiers. Un jour plus douloureux que les autres (Partie 4/4)

«Il fallait déjà que je traverse cette période sans m'écrouler et j'étais loin de me douter à quel point cela allait être difficile.» Il fallait tenter de vivre avec ces silences opaques, oublier le bruit de la porte d'entrée, l'écho de son pas léger, sa manière bien à lui de se servir un verre, de s'installer au piano...
Gommer progressivement la peur du lit vide et froid Affronter la penderie, remplie de ses vestes. Oser ouvrir tes tiroirs de son bureau, se résoudre à trier tes papiers. Un jour plus douloureux que les autres, France découvre la rai­son d'un chagrin de plus.
 
Une lettre, adressée par le père de Michel à l'un de ses confrères médecin, lui demandant de recevoir son fils, qu'il sait fragile du c½ur... Michel avait sans doute négligemment rangé la lettre. « Si j'en avais eu connaissance, se révolte France, j'aurais pu sauver Michel ! Je l'aurais forcé à se soigner. Mais il ne s'intéres­sait pas à sa santé. Tout était dans sa tête et dans ses doigts ". »
Supplice de se dire, de se répéter inlassablement : pourquoi n'a-t-il rien dit? Pourquoi ne m'a-t-il pas parlé? J'aurais su, il serait là encore... Près de moi, près des enfants. Vivant ! Pourquoi, mais pourquoi...

En redécouvrant les autres, France glane peu à peu des bribes de réponse à cette question lancinante. Pareille à une fleur longtemps privée d'eau, elle cherche en elle un itiné­raire de lumière. « Michel pensait qu'après la mort, il n'y a rien. Comme j'admirais Michel, j'ai beaucoup adopté ses idées, dont celle-là : après la mort, il n'y a rien. Mats pen­ser que Michel, avec toute la beauté qui l'habitait, est dans un cercueil et que tout s'arrête là est une idée qui m'est insupportable. Depuis qu'il a disparu, je suis donc mon propre chemin à travers mes questions. Je me dirige vers un domaine où je n'étais jamais allée et dont l'appel comble sans doute un besoin de réponses. »

France a désormais surmonté sa détresse. Elle peut vivre sans Michel, car elle sent, au plus profond de ses fibres qu'il est avec elle, en elle. Il ne la quitte plus. Il veille sur sa vie et sa carrière. Il l'accompagne sur scène, aussi sûre­ment que jadis.
Le grand piano blanc n'est pas muet. Pour France seule, il continue à jouer les partitions de leur amour. Un amour de dix-huit ans, qui garde de cet âge la fraîcheur sucrée du premier baiser, le goût de l'aube qui se lève sur le ciel du lit et l'enchantement des promesses éternelles. A chacun de ses pas, France marche dans la lumière. Son ombre, décou­pée sur le sol, a pris le sourire de Michel.

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