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La réponse de Balavoine à la montée du Front National 07/10/2016

La réponse de Balavoine à la montée du Front National
 
The answer of Balavoine to the rise of the National Front.
 
L'aziza - Issue de son dernier album, la célèbre chanson de l'interprète de Mon fils, ma bataille fut écrite en réponse aux idées véhiculées par le parti présidé par Jean-Marie Le Pen à la veille des élections de 1986.
La montée du vote extrême droite délie les langues, et l'on se réjouit quand ce sont celles des artistes. Depuis ses débuts, le grand vainqueur des dernières élections régionales est combattu à grand renfort de chansons.
Il y a eu Fils de France écrite par Damien Saez en quelques heures au soir du 21 avril 2002, Elle est facho chantée par Renaud à la veille des présidentielles de 2007, et, dernière en date, Le Vol Noir de Benjamin Biolay après le scrutin européen de 2014.
 
Le phénomène n'est pas nouveau. Il y a 30 ans, Daniel Balavoine laissait éclater sa révolte en musique, avec un titre désormais inscrit au panthéon de la variété française.
Nous sommes en 1985, sous la présidence socialiste de François Mitterrand. Appliquant l'une de ses 101 propositions de campagne, le chef de l'État en exercice promet un vote à la proportionnelle intégrale pour les législatives de 1986. Ces élections profitent largement au Front national. Heurté par le climat politique ambiant et l'avènement progressif du parti de Jean-Marie Le Pen, l'artiste familier des coups d'éclats médiatiques prend la plume durant l'été 1985 en Écosse pour écrire ce qui sera l'un de ses derniers et plus grands succès. L'Aziza sort dans les bacs le 14 octobre 1985. Premier extrait de l'album Sauver l'amour, le single s'apprête à gravir les échelons du Top 50.
 
Un hymne à la diversité primé par SOS Racisme
Pour l'adolescent qui se rêvait député, la scène musicale est devenu un terrain idéal pour participer au débat politique. Plus qu'une chanson protestataire, ce titre se veut un hymne à la diversité. Didier Varrod, biographe de Daniel Balavoine, évoquera «un cri spontané», qui lui vaut d'ailleurs de recevoir le prix de la chanson anti-raciste des mains d'Harlem Désir. Pourtant, le chanteur disque d'or se défend de vouloir verser dans la caricature ou tancer les opposants de SOS Racisme. C'est lui qui déclare à Numéros 1, lors de la Fête des potes, «Moi, je ne suis pas contre Le Pen. Moi, je suis pour les Arabes. Ce n'est pas pareil!». Dans une interview à Paris Match, l'auteur-compositeur déclare préférer célébrer «la beauté des races, leur différence». Pour simple réponse à ceux qui stigmatisent les étrangers, Daniel Balavoine signe un texte contre les préjugés racistes et pour le respect des cultures. «Laisse glisser les mauvais regards, qui pèsent sur toi», chante Daniel Balavoine à la «petite brune enroulée d'un drap».
 
Sa femme, sa bataille
Avec L'Azizala chose la plus chère» en langue arabe-, le chanteur à la voix de cristal s'adresse aussi à sa compagne Corinne. Ce que relate Fabien Lecoeuvre dans Balavoine, la véritable histoire : «Je vis avec une femme qui est juive marocaine. Aussi lorsque j'entends certaines personnes dire qu'il faut foutre dehors les immigrés, j'ai peur qu'on me l'enlève».
Militant et engagé, Daniel Balavoine l'a été à la scène comme à la ville. C'est au cours d'une mission humanitaire «Paris du c½ur» au Mali qu'il trouve la mort le 14 janvier 1986 dans un accident d'hélicoptère. Quinze jours après sa disparition, son tube L'Aziza ravit la première place du Top 50 pour y demeurer huit semaines consécutives.

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